30 avril 2010

L’anesthésie du risque

La vie se construit sur l’incertitude. C’est parce qu’il s’est mis à braver le risque temporel que l’Homme a été capable, au fil des siècles, de construire une civilisation évoluée. La prise de risque engendre le progrès technologique. Si l’on veut comprendre l’économie et le fonctionnement du monde, il est essentiel de bien cerner le concept de préférence temporelle, qui se situe au coeur de l’analyse « autrichienne ».

La préférence temporelle est à la base de l’action humaine. Chacun de nous est amené à fonder ses choix sur les gains qu’il espère en retirer à l’avenir. Lorsque votre employeur vous verse un salaire, c’est parce qu’il compte obtenir, en contrepartie, un travail équivalent. Lorsque vous choisissez votre tenue le matin, c’est parce que vous tenez compte d’événements qui ont de fortes chances de survenir au cours de votre journée (votre plus belle cravate pour un rendez-vous important, votre pardessus pour une grosse averse). Parce qu’elle est subjective, la préférence temporelle fait de chaque homme agissant un spéculateur. Le temps est indubitablement lié à la notion de changement. Dans le chapitre V de l’Action Humaine, Ludwig von Mises souligne avec évidence que si l’homme connaissait l’avenir, il n’agirait pas car il n’aurait plus à choisir.

Les sociétés qui limitent la possibilité d’action de leurs membres dans le temps sont condamnées à l’immobilisme et à l’auto-destruction. En voulant créer « l’homme nouveau », la société soviétique hypothéquait par avance l’avenir de ses enfants, leur dessinant un futur tout tracé au sein du système. Ce système s’est effondré, comme s’apprête à le faire l’Etat providence en déliquescence.

La crise budgétaire sans précédent qui frappe la Grèce — et avec elle toute la zone euro — illustre à merveille cette anesthésie du risque qui caractérise nos sociétés modernes. La fuite en avant dans les dépenses publiques participe à un besoin grandissant de sécurité : favorisés par le clientélisme, ces besoins de « nouveaux droits », de statuts bétonnés et de revenus à vie ont précipité la chute de l’économie grecque. Keynes avait formulé la formule magique qui ouvrait la porte au gaspillage budgétaire, à l’évaporation du risque ; les gouvernements se sont engouffrés dans la brèche. Keynes se fichait du temps comme d’une guigne. « A long terme, répétait-il, nous serons tous morts« . Aujourd’hui, Keynes est mort et nous sommes tous plus pauvres. Poursuivre la lecture

29 avril 2010

Revue de blogs

Quelques blogueurs m’ont fait le plaisir de recenser « Silence, les agneaux » sur leur espace virtuel. Voici donc une petite revue de blogs. N’hésitez pas à me faire part de vos nouvelles trouvailles.

Sur son blog economiques.eu, Xavier incite ses lecteurs à réfléchir à la direction que prend aujourd’hui l’action politique :

Plus inquiétant, la multiplication des lois, qui sont présentées comme des solutions mais en fait créent des problèmes supplémentaires et surtout retirent au citoyen le devoir et la capacité de choisir et de penser par lui-même ce qui est bien et ce qui ne l’est pas.

Sur le webzine Contrepoints, Copeau souligne l’aspect pédagogique de mon livre (article repris sur lepost.fr). L’économie comme outil pour étudier les travers de la société moderne :

Evoquant en premier lieu les antiennes classiques de la philosophie politique contemporaine (existence avérée de l’intérêt général, optimum démocratique, légitimité des décisions prises par les élus, universalisme de la loi), Delory démonte chaque argument et démontre les imperfections innombrables de ces dispositifs qui, considérés comme des absolus, génèrent une multitude d’effets pervers. Rappelant les apports de Kenneth Arrow, de Condorcet, du Public Choice, de Bruno Leoni, Delory rappelle à quel point ces concepts sont précaires, et aussi imparfaits (sinon plus) que le marché, pourtant tant décrié par nos décideurs.

Pour le blog du Chat Borgne, « Silence, les agneaux » est « un livre-choc, destiné à réveiller le troupeau » :

L’auteur nous rappelle, dans cet ouvrage très bien écrit, les conséquences catastrophiques de l’intervention toujours plus omniprésente de l’Etat dans nos décisions de tous les jours : quel type de nourriture manger, à qui louer son appartement, le niveau de CO2 que nous sommes autorisés à consommer… L’Etat réglemente, régule, impose, soustrait, décide… pour nous. Chaque jour un peu plus. En notre nom et soi-disant pour notre bien. Dans les faits, au nom d’un illusoire bien commun jamais défini car tout bonnement indéfinissable.

Si vous voulez être tenu au courant des nouveautés sur ce blog, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.

25 avril 2010

« Oubliez Keynes ! »

John Maynard Keynes aura été l’imposteur économique du siècle passé. Sa Théorie générale, jamais vérifiée dans les faits, continue de faire tourner la tête aux gouvernements du monde entier, trop heureux de marquer facilement leur empreinte sur l’économie. Et sur l’action humaine.

Or l’exemple grec, pour ne citer que lui, démontre à souhait que l’accumulation de déficits fragilise irrémédiablement l’économie. En garantissant les crédits risqués des institutions financières, le gouvernement américain a aussi joué un rôle dans la crise des subprimes. Le monde politique devrait sans doute ruminer plus souvent l’histoire des frères Mondor et Ariste, si bien développée par l’immense Frédéric Bastiat.

Dans « Silence, les agneaux« , je tente de confirmer cette posture que des économistes marginaux mais géniaux ont tenté de démontrer par la théorie. Le texte publié ci dessous ne figure pas dans la version définitive de mon livre. Il fait partie des 13% du manuscrit original que j’ai dû sacrifier. Un inédit que je ressors aujourd’hui du placard. Bonne lecture !

Si John Maynard Keynes a pu très vite gagner les faveurs des dirigeants du monde entier, c’est pour une raison bien simple : ses théories sont populaires et elles valorisent le rôle de l’État. Du pain bénit pour séduire les décideurs politiques, qui trouvent dans les idées de l’économiste anglais une justification à leur interventionnisme. Qu’ils soient de gauche ou de droite, les politiciens s’entendent généralement sur la doctrine keynésienne qui a pourtant, depuis les années 30, étalé ses limites et ses lacunes.

En créant une fausse demande dans un ou plusieurs secteurs sélectionnés généralement pour leur aptitude avérée au lobbying efficace, les gouvernements croient générer de l’emploi et de la richesse. Il en va de même pour les dépenses militaires, ce qui a fait dire à Keynes et à ses émules qu’une bonne guerre permettait de relancer l’économie[1] ! Ces illettrés économiques n’avaient vraisemblablement pas lu le sophisme de la vitre cassée, dans lequel Frédéric Bastiat démontre avec une implacable logique que la défense d’un secteur économique au détriment d’autres secteurs empêche tout simplement ces derniers de prospérer et de se développer eux aussi. Or, en période de forte incertitude, le comportement rationnel impose de rester prudent, d’épargner et de veiller à ses dépenses. Mais dans le seul but de rompre avec les théories classiques, Keynes a toujours considéré l’épargne comme un résidu de la consommation, et qu’il fallait éviter à tout prix la formation de ce qu’il appelait des « rentes illégales ». Il s’agit là d’une terrible erreur d’appréciation, dont nous payons encore aujourd’hui les dégâts. Henry Hazlitt s’en est ému dans sa compilation The Critics of Keynesian Economics, en 1973. Les contributions de F. von Hayek, de W. A. Hutt ou de Jacques Rueff, pour ne citer qu’elles, ont dépouillé la théorie générale de toute crédibilité. En pratique même, les recettes keynésiennes appliquées dans les années 80 n’ont pas permis de sortir les pays asiatiques de la crise. Les divergences de vue entre Keynes et Hayek ne sont plus à démontrer, pourtant les deux hommes se connaissaient bien et n’hésitaient pas à débattre. Cela n’empêchait pas le prix Nobel de se montrer très critique vis-à-vis de son confrère britannique, et de ses faibles connaissances en économie. Dans une interview[2] donnée en 1978, Hayek définit Keynes comme « un homme avec beaucoup d’idées mais qui connaissait très peu l’économie. Il ne savait rien de l’économie marshallienne ; […] il ne savait presque rien sur l’histoire économique du dix-neuvième siècle. […] Il ne savait rien sur Henry Thornton ; un peu sur Ricardo, juste les choses les plus célèbres ».

Les disciples de Keynes se montrèrent malgré tout très convaincants auprès des gouvernements lorsqu’il s’est agi de proposer des recettes toutes faites pour combattre les crises. Ainsi, en 2002, au moment de l’éclatement de la bulle technologique, l’économiste Paul Krugman préconisa-t-il tout simplement de « créer » une bulle immobilière pour vaincre la chute du Nasdaq. Véridique[3] ! En prêchant pour la création de futures catastrophes, les oracles keynésiens font presque aussi bien que leur maître, si l’on admet que les bulles artificielles ont remplacé la bonne vieille guerre au catalogue des remèdes miracles. Le procédé est plus sournois, et il sera toujours possible par après, l’histoire le démontre, d’en rejeter la responsabilité sur autrui. Pour remercier sans doute Paul Krugman d’avoir si bien conseillé les responsables politiques de l’époque, l’homme reçut le « Nobel » d’Économie en 2008, soit… en pleine crise des subprimes. Un pied de nez au bon sens qui démontre, s’il en était encore besoin, que l’avenir des prédicateurs semble tout tracé, dans un monde exempt de logique.

« Le retour en grâce de Keynes », écrit Paul Fabra[4], « va de pair avec la peur panique de voir les ménages épargner plutôt que consommer. Cela peut se comprendre ! Mais on se doit aussi de constater que le discrédit jeté par l’illustre économiste sur l’épargne, définie pour les besoins de la cause comme “ l’excédent du revenu sur la consommation ”, est pour beaucoup dans les déviations, y compris financières, du capitalisme occidental. » Fabra ne fait que relever une évidence qui pique aux yeux : la crise financière est celle du crédit, c’est-à-dire de la dépense à outrance et sans mesure. Or, quel remède propose-t-on pour la résoudre efficacement ? Une relance de la dépense à outrance et sans mesure ! « Au total », écrit Jacques Garello[5], « la théorie de Keynes est une théorie de la demande, du court terme, de la nocivité de l’épargne. L’entrepreneur n’est pris en compte que pour ses anticipations pessimistes, il n’y a ni innovation, ni création d’emplois. L’épargnant ne sait pas quoi faire de son argent. Le travailleur subit les méfaits de la conjoncture. Seul l’État peut sauver tout le monde. » On ne peut mieux résumer le dogmatisme obtus de la pensée keynésienne.

Keynes n’a certes pas écrit que des inepties. Philippe Simonnot[6] souligne même que sa théorie des mouvements boursiers mérite d’être mieux connue. Son analyse de l’après-guerre de 14-18 et du désastre causé par le Traité de Versailles mérite également une attention soutenue. En revanche, en imposant ses conceptions erronées de l’épargne et de l’investissement, Keynes a ouvert une brèche qui, quatre-vingts ans plus tard, ne s’est toujours pas refermée. Sa force de persuasion, alliée au respect que lui vouait la société de l’époque, auront contribué à lui façonner un statut de légende. Keynes aimait affirmer que, selon lui, ce sont les idées qui gouvernent le monde, qu’elles soient justes ou fausses. Définitivement, il sera resté tout au long de sa vie l’homme d’une seule idée. Tel un prophète, sa bonne parole a conquis les esprits et, répétée avec conviction par des disciples disséminés aux quatre coins du monde, elle a acquis le statut de solution universelle. Des gouvernements avides de renforcer leur pouvoir en « faisant rouler » l’économie, en faisant croire que tout investissement allait trouver son financement, ont ainsi obligé des populations entières à se plier à l’offre, artificielle, ainsi créée.

Le National Industry Recovery Act mis en place par le président américain participe d’ailleurs à cette volonté de contrôler tous les pans de l’économie. La première édition étrangère du traité de Keynes fut allemande, et plusieurs auteurs n’ont pas manqué de relever des analogies frappantes entre Mein Kampf et la Théorie générale : Keynes estimait que ses plans de relance ne pouvaient être mis en œuvre dans un État trop libéral, qu’il fallait au contraire un gouvernement fort pour contraindre les acteurs économiques à la relance. Cette outrancière volonté de planification économique, on la retrouve écrite noir sur blanc dans le programme du parti national-socialiste allemand[7]. Mais aujourd’hui, cela ne semble pas émouvoir les héritiers de Keynes qui, de Washington à Bruxelles, professent et appliquent des plans de « relance » dont le seul véritable objectif est de planifier et d’organiser l’économie et, par conséquent, l’action humaine.


[1] Ce fut le cas de la Seconde Guerre mondiale, qui stoppa net la dépression américaine en poussant à la production d’armes et d’engins de guerre.[2] Entretien avec Leo Rosten, UCLA.[3] « To fight this recession the Fed needs more than a snapback ; it needs soaring household spending to offset moribund business investment. And to do that, as Paul McCulley of Pimco put it, Alan Greenspan needs to create a housing bubble to replace the Nasdaq bubble. » Extrait d’un article intitulé Dubya’s Double Dip ? et signé Paul Krugman, dans le New York Times du 2 août 2002.[4] Paul Fabra, Épargner accroît la consommation, dans Les Échos du 20 janvier 2009.

[5] La magique démonstration de lord Keynes, 9 mars 2009.

[6] Philippe Simonnot, 39 leçons d’économie contemporaine, Éd. Gallimard, Folio, 1998.

[7] Sur les liens entre le fascisme italien, l’Allemagne nazie, le New Deal de Roosevelt et les plans de relance de Keynes, lire Liberal Fascism : The Secret History of the American Left from Mussolini to the Politics of Meaning, Jonah Goldberg, Doubleday, 2008. Le terme « liberal » est évidemment à prendre ici dans son acception américaine c’est-à-dire, pour ce qui nous concerne, « social-démocrate » ou « de gauche ».

En bonus : le sophisme de la vitre cassée en vidéo. Pourquoi Keynes se trompe lorsqu’il stipule que « rien ne vaut une bonne guerre ».

Sans oublier le célèbre clip battle entre Keynes et Hayek (traduit en français) :

22 avril 2010

Tout ce qui passe au-dessus de nos têtes

Tea PartyVous pensiez avoir élu des hommes d’Etat ? Vous n’héritez que de politiciens. L’actualité nous offre, ces dernières semaines, de nombreux exemples de décalages flagrants entre la volonté du peuple et l’idéologie partisane des grands décideurs. C’est ce que nous enseigne la théorie des choix publics, largement commentée dans le chapitre 2 de « Silence, les agneaux« . Je reprends ainsi (pp. 41-42), cette citation de Pierre Lemieux :

Il importe de comprendre que la force des intérêts organisés vient essentiellement du pouvoir de l’Etat d’accorder des mesures protectionnistes, monopoles, subventions et autres privilèges. C’est pour obtenir ces avantages que les groupes d’intérêt s’engagent dans le lobbying, les campagnes d’opinion publique et autres moyens de pression. Or, dans le marché politique, au contraire du marché ordinaire, rien ne pousse l’intérêt des producteurs à coïncider avec ceux des consommateurs.

Aux quatre coins du monde, l’histoire se réduit à cette simple analyse. Les sondages et le sens du vent constituent de puissants guides pour les décisions politiques, au mépris souvent des promesses qui ont conduit l’électeur vers les isoloirs. Il en est ainsi des baisses d’impôt, des réformettes… ou de BHV.

« Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts », claironnait Nicolas Sarkozy lors d’une visite à l’usine Alstom d’Ornans. Depuis l’élection présidentielle de 2007, une bonne vingtaine de nouvelles taxes ont vu le jour en France. Enlisée dans son déficit budgétaire, la France suffoque. Sarkozy dégringole dans les sondages, en attendant le coup fatal qui risque d’être porté à la dette souveraine de la France. Qui seront les cocus ? Les citoyens français qui ont voté à droite et qui s’attendaient sincèrement à un changement radical. Ceux qui ont voté à gauche, eux, n’y ont (presque) jamais cru. Si l’on additionne les deux catégories, cela fait une belle majorité de cocus.

Qu’à cela ne tienne ! Le Premier ministre de la République de France, qui a prêté serment en jurant de respecter les lois de son pays, s’apprête à faire passer une loi contraire à la Constitution, en reconnaissant lui-même que cette loi risquait d’être annulée, puisque inconstitutionnelle et puisque validée comme telle par le Conseil d’Etat. Au « pays des Droits de l’Homme », bafouer la constitution semble être une attitude admise par les caciques de la République. Mais malheur à celui qui, au nom de l’art, ose exposer les symboles de cette République en posture délicate. L’outrage à la Constitution de la France est permis, mais quiconque ose se torcher avec le drapeau s’expose à des représailles. Cherchez la cohérence, y en a pas…

De l’autre côté de l’Atlantique, pas mieux. Le « Yes, we can » s’est mué, dans l’esprit commun, en « No, he can’t« . L’impopularité d’Obama ne cesse de croître, et les larmes d’espoir déposées au pied du Capitole, un 20 janvier de l’an 2009, s’évaporent. Depuis son élection, Barack Obama a contourné à plusieurs reprises le processus démocratique légal pour faire passer ses réformes, de la « Cap & Trade Bill » jusqu’à la fameuse réforme du système de santé, en passant par le « Recovery Act ». Le passage en force semble déplaire à une part de plus en plus grande de la population. Une bonne partie de l’électorat démocrate se joint aux contestataires républicains lors des Tea Parties, le taux d’insatisfaction envers le Congrès frôle les 65%, tandis que 8 électeurs américains sur 10 ne font plus confiance en l’administration Obama.

En Grèce, des gouvernements ont triché sur les chiffres, menti à leur peuple, à l’Europe et au monde. Leurs successeurs cherchent maintenant à colmater les brèches ouvertes dans le gouffre, appelant à l’aide leurs voisins de la zone euro, tout aussi englués dans leurs problèmes budgétaires. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises : voici qu’Eurostat nous apprend que le déficit grec est encore plus élevé que prévu. La roue tourne, on dépense, on dépense et l’on oublie les millions de visages de ceux qui, en dernier ressort, finiront toujours par payer.

Et en Belgique ? Rien que de l’ordinaire. Un parti quitte le gouvernement pour des raisons qui, à vue de nez, échappent à 90% des citoyens. Conséquence ? La Belgique et sa dette abyssale redeviennent une proie aux yeux des spéculateurs. Nos hommes politiques se soucient comme de colin-tampon de ce balancier économique qui, demain, ne tardera pas à frapper plus fort encore leurs concitoyens. Définitivement, l’intérêt général n’existe en politique que pour ceux qui se nourrissent de son illusion.

Crony capitalism, intrigues de cour et violations de la constitution… Et l’on s’étonnera ensuite que la crise de confiance s’est installée. Que se passe-t-il au-dessus de nos têtes ?

3 avril 2010

Interview sur Twizz (19 mars)

Charles Van Dievort fait partie de ces professionnels consciencieux qui ne vous invitent pas sans avoir lu votre livre. Quelques jours après son invitation, je poussais donc la porte du studio immaculé de Twizz. C’était le vendredi 19 mars, de 8h10 à 8h20.

Résultat : une interview d’une dizaine de minutes où l’on aborde sans langue de bois quelques thèmes prélevés dans « Silence, les agneaux » : tentative de réhabilitation de la philosophie de la liberté, résistance à l’oppression politique, différence entre vice et crime, droit de propriété, liberté économique, etc.

Je vous laisse écouter le résultat :

Je vous le concède : je suis bien plus doué pour réaliser des interviews que pour les donner. Je tâcherai d’être moins hésitant et plus percutant la prochaine fois. Mais il y a tant de choses à dire…

La conversation s’est poursuivie bien longtemps après la sortie du studio, et je crois que mon passage chez Twizz a été bien apprécié. J’en ai même profité pour saluer quelques anciens collègues.

J’en profite aussi pour vous signaler mon passage dans le Bel RTL Soir de Frédéric Cauderlier ce jeudi 8 avril à partir de 18h30.

12 mars 2010

Logement social et spirale de la pauvreté

Christine Masuy (Télépro) m’a interrogé la semaine passée au sujet du drame du logement social en Wallonie. Je parle de « drame », car j’ai vécu de près celui de Cindy qui, avec ses cinq enfants rejetés à la rue, s’est heurtée à plusieurs reprises au mur bureaucratique dressé devant elle. Quelques jours avant le Nouvel An 2009, Cindy a laissé ses enfants vivre sans elle. Je partage la douleur de ses proches, comme celle des victimes des Mésanges (7 morts, à Mons, la nuit du 19 au 20 février 2003), qui attendent beaucoup du procès qui s’ouvrira dans le courant de cette année. Sept ans après les faits.

Le chapitre 10 de « Silence, les agneaux« , est entièrement consacré à la problématique du logement social. Des administrateurs de sociétés de logement ont accepté de me raconter, sous couvert de l’anonymat, les pratiques en vigueur dans ce secteur.

10 mars 2010

« Tonton flingueur »

Pan, 10 mars 2010.

L’article se retrouve sur le blog « Lire est un plaisir » de Brice Depasse & Co.

10 mars 2010

Foire du Livre 2010

J’étais présent au stand des Editions Luc Pire pour dédicacer « Silence, les agneaux », ce samedi 6 mars. L’occasion de rencontrer des amis venus me soutenir, mais aussi des lecteurs et lectrices qui semblaient déjà tout acquis au message du livre. Merci à Carine (elle se reconnaîtra) d’être passée me voir avec trois livres sous le bras à l’attention de ses amies de France et de Suisse. Son petit mot m’a fait énormément plaisir : « Merci de populariser en français les idées de Ludwig von Mises ».

Assis entre Jannin-Liberski et Paul Van Himst, la tâche fut assez ardue. Mon ego, heureusement, n’en a pas souffert  ;-)

(Photos : Ch. Bricman – Ch. Ferrier)

25 février 2010

Et maintenant, c’est à vous…

Impossible de vous décrire l’émotion qui envahit un auteur à l’instant où il tient en main son premier livre. La caresse du papier, l’odeur de colle, la forme des caractères,… permettez-moi de garder dans un coin de mon cerveau les sensations uniques et, finalement, insaisissables qui se sont emparées de moi tout à l’heure.

« Silence les agneaux » commence donc sa propre vie. Rangé avec soin dans les bibliothèques ? Rogné de partout, annoté, critiqué, encensé, mal lu ou pas fini ? Abandonné au fond d’une caisse ? Prêté à un ami ? Revendu pour deux sous chez le bouquiniste ? La vie des livres est fabuleuse, et je rêve secrètement de redécouvrir le mien, dans une dizaine d’années, sous une pile de vieux volumes au fond d’une boutique.

A l’instant où je rédige ces lignes, les documents préparatoires à « Silence les agneaux » dorment dans une caisse posée sur le carrelage de mon bureau. Des piles de rapports, de photocopies, d’articles de journaux découpés, qui m’ont servi à rédiger ce premier opus. Une fois refermée, cette caisse finira sa vie au grenier pour, sans doute, ne jamais être rouverte. Je le sais déjà : c’est une nouvelle histoire qui prendra sa place.

« Silence les agneaux » connaîtra toutefois une suite. Trois mois après avoir abandonné le manuscrit, j’aurais déjà matière à rédiger des dizaines de pages supplémentaires. L’actualité ne vibre pas au rythme ronronnant de l’édition. En revanche, le web offre la possibilité non seulement de réagir immédiatement à l’actualité, mais aussi d’interagir avec ses lecteurs.

Voilà pourquoi j’ai créé ce blog. Il évoluera évidemment vers un format plus poussé, une interface plus agréable (à moins qu’il ne prenne la forme, un jour, d’un véritable site personnel ?). Mais dans l’immédiat, il me servira d’outil pour réagir aux commentaires de mes lecteurs. Vous y trouverez aussi bientôt des revues de livres, des anecdotes et, surtout, certains passages de « Silence les agneaux » qui ont été retirés du manuscrit original.

Ce blog s’inscrit dans la philosophie de la collection « Espace Vital » dirigée par Charles Bricman. Si je vous ouvre ce lieu, c’est pour recueillir vos avis, en toute indépendance d’esprit. Pour ne pas que « Silence les agneaux » finisse oublié au fond d’un grenier.